Antonin Auguste Petit

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Antonin Auguste Petit (1896-1916)

Antonin Auguste Petit, né le 21 mars 1896 à Oris-en-Rattier (Isère), et mort pour la France le 12 juin 1916 au fort de Vaux, est un soldat du 2e régiment de marche de zouaves (2e R.M.Z).

Biographie

Antonin Auguste Petit est le fils d'Alphonse et de Séphora Moisand, tous deux natifs d'Oris-en-Rattier dans le canton de Valbonnais (Isère). Mobilisé en 1915 au 2e R.M.Z (1er bataillon, 4e compagnie) de la 37e Division d'infanterie (73e brigade qui comprenait aussi le 2e R.M.T), il part au front en mars 1916.

Il est tué le 12 juin 1916 lors de la tentative de reprise du fort de Vaux (8-17 juin) par le général Nivelle.

Décorations


Citations

« Agent de liaison qui a été en toutes circonstances, un modèle de devoir et de dévouement. Placé aux abords du fort de Vaux, le 12 juin 1916, soumis à des tirs d'une violence incessante, a trouvé une mort héroique en portant un ordre important », citation accompagnant la médaille militaire (décret du 24 mars 1920).

Hommages

Cloître de l'ossuaire de Douaumont
Pierre gravée au nom d'Antonin Petit dans le cloître de l'ossuaire de Douaumont

Une pierre a été gravée à son nom en 2008 dans le cloître de l'ossuaire de Douaumont.

Récit de la tentative de reprise du fort de Vaux par le 2e R.M.Z (8-17 juin 1916)

« Le Général NIVELLE, commandant l'Armée, fit appel pour rétablir la situation au 2e Zouaves et au Régiment Colonial du MAROC dont il forma une Brigade Provisoire sous les ordres du Colonel SAVY. Le 6 juin, le Régiment, enlevé en auto, venait cantonner à minuit à HAUDAINVILLE et se préparait au combat. « Général, avait dit le Général NIVELLE au Général HIRSCHAUER en lui amenant les Chefs de Corps du 2ème Zouaves et du Régiment d'Infanterie Coloniale du MAROC, je vous présente les Colonels des deux plus beaux Régiments de FRANCE! » Le 2e Zouaves eut à cœur de prouver qu'il méritait cette parole si flatteuse dans la bouche d'un tel Chef et c'est en chantant que les Bataillons montèrent à VAUX, où ils savaient que les attendaient les plus dures épreuves de toute la campagne. Le 11e Bataillon, sous les ordres du Commandant JÉRÔME, devait prendre position dans la nuit du 7 au 8 à la Tranchée de BESANÇON, à quelques dizaines de mètres à l'Ouest du fort, et se lancer à l'assaut à 3 heures. Des guides du 298ème devaient le conduire par le boyau d'ALTKIRCH. Par trois fois sous un bombardement effroyable, le Colonel du 298ème envoya les hommes nécessaires vers le fort de TAVANNES ; trois fois tous ces braves trouvèrent la mort. Le Commandant JÉRÔME ne trouva personne à TAVANNES pour lui indiquer la route et, après un long retard, il prit le boyau de l'ÉTANG, plus praticable, mais beaucoup plus long. Vers 2 heures, il atteignait le P. C. du bois FUMIN avec deux de ses Compagnies ; les deux autres, échelonnées à quelque distance, privées de tout guide dans une nuit noire, sur un terrain coupé de ravins profonds et inconnu de tout Officier, soumis en outre à un effroyable bombardement de 305 et de 210, avaient essaye de prendre le boyau d'ALTKIRCH, avaient dû revenir en arrière et prendre le boyau de l'ÉTANG où elles s'étaient mélangées à d'autres unités. Sentant approcher l'heure de l'attaque, le Commandant JÉRÔME prenait la tête de son Bataillon avec quelques Officiers et sa liaison et s'avançait vers les Tranchées de départ. Avec les premières lueurs du jour, l'ennemi intensifiait encore son tir, A mi-chemin environ entre le P, C. du bois FUMIN et la première ligne, le Commandant JÉRÔME, tous les Officiers qui l'accompagnaient et toute la liaison tombaient mortellement frappes par une rafale de 210. À 3 heures, le Bataillon, privé de tous ses Chefs, n'avait pu parvenir à la Tranchée de BESANÇON ; l'attaque ne pouvait avoir lieu. Ordre était donné aux survivants, commandés par un jeune Sous-lieutenant, d'aller se reformer au tunnel de TAVANNES. Le Colonel DECHERF prescrivait au 1er Bataillon (Commandant PASQUIER) d'assurer, le 8 au soir, la relève du 298ème à la Tranchée de BESANÇON. À 3 heures 30, l'ennemi attaquait et était repoussé par le 298ème. À 18 heures, il renouvelait une attaque par surprise et réussissait à s'emparer de la Tranchée de BESANÇON et de tous ses occupants. Quand le 1er Bataillon arriva, vers 21 heures, il trouva ses emplacements aux mains de l'ennemi et il eut une superbe attitude. Le Capitaine CHÉNORIOT, qui se trouvait en tête, est saisi par deux Allemands, fait prisonnier et privé de ses armes. Il se laisse faire sans résistance et, au moment d'être dirigé sur l'arrière, bousculé par les deux Soldats, un trait d'héroïque initiative illumine son esprit ; « Tenez vous, tranquilles, maintenant, crie-t-il à ses deux gardiens, et n'oubliez pas que je suis Capitaine. » Les Allemands, impressionnés, desserrent leur étreinte ? Deux coups de poing les envoient rouler à terre. Le Capitaine gagne l'arrière à la course sous le feu de l'ennemi. Cette scène a duré quelques minutes à peine ; il a le temps d'alerter les unités du Bataillon qui arrivent et de faire organiser une nouvelle position à quelques mètres de la Tranchée perdue. Alors commença une période, de dix jours de souffrances atroces que les Zouaves supportèrent avec un sublime héroïsme. Le bombardement ne cessait pas, effroyable. Impossible d'enterrer les morts ; impossible d'assurer le ravitaillement. Les hommes n'avaient, par la chaleur de juin et au milieu de la puanteur des cadavres, qu'un quart d'eau par jour et par section. Le Commandant GILBERT, du 5e Bataillon, avait été à son tour mortellement blessé. 19 Officiers et 846 hommes étaient tombés. Les survivants avaient supporté sans se plaindre les plus dures souffrances. Mais, malgré ses attaques incessantes, l'ennemi n'avait pas progressé d'un mètre et c'est avec une émotion visible que le Général HIRSCHAUER vint, le 17 juin, le Régiment étant relevé, féliciter et remercier le Colonel DECHERF. », Historique du 2ème Régiment de Marche de Zouaves. Du 2 Août 1914 au 11 Novembre 1918

Relevés mémorial

Le 2e régiment de marche de zouaves (2e R.M.Z)