Ferme de Montsouris

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Paris 14e arrondissement - 26 rue de la Tombe-Issoire - Ancienne ferme de Montsouris - façade de la grange en fond de cour. Journées du patrimoine 15 et 16 septembre 2012

La ferme de Montsouris est une ancienne ferme de Paris à la Tombe Issoire, située aux numéros 26 et 28 rue de la Tombe Issoire, dans le 14e arrondissement de Paris.

L'histoire de cette ancienne ferme depuis son achat par l'abbé Keller au début du XIXe siècle impose de s'intéresser aussi au numéros 26 et 28 rue de la Tombe Issoire et aux numéros 15 et 17 de la villa Saint-Jacques, et son pavillon Troubadour, mitoyens de la ferme et également achetés par l'abbé Keller.

Petit historique de la ferme

Ferme de Montsouris en 2011, avant enlèvement pour restauration de la porte charretière

Sur le plan de Jaillot de 1762 ou sur le plan de Deharme de 1763 on a à cet emplacement le moulin de Ficherolles, moulin à vent en bois, accolé à une ferme, la maison ou ferme Ficherolles, dite à la campagne. Cette ferme est achetée au XIXe siècle par Louis-Auguste Hébert et Félicité Levée qui la transforment en ferme de ville, en laiterie, ou vacherie, plus précisément.

Cette ferme était constituée de la laiterie, qui sera détruite dans les années 50, de la maison des vachers, détruite en 2011, de l'immeuble sur rue, détruit en 2013, la porte charretière est mise de côté pour restauration, et de l'étable dite actuellement la grange, achetée par la ville de Paris en 2013.

Le pavillon Troubadour de la villa Saint-Jacques

Le pavillon dit Troubadour de la villa Saint-Jacques, acheté par la ville de Paris en 2013, est un petit pavillon d’habitation de style « troubadour », construit en 1840, situé entre deux jardins. Il est actuellement en très mauvais état.

Abbé Keller

L'abbé Keller, à l'origine de la Cité du Souvenir‎, achète la ferme de Montsouris, 26-28 rue de la Tombe Issoire[1]. Il fonde la Fondation « Les berceaux du souvenir », reconnue d'utilité publique en 1934, fondation qui obtient en 1953, devenue majoritaire dans la Société Immobilière du Lion de Belfort, de développer au 26-28 rue de la Tombe Issoire et au 15-17 villa Saint-Jacques, acquis en 1942, des logements pour des personnes de condition modeste et les activités du Centre d'œuvres la jeunesse dans la ferme.

En 1984 l'abbé Keller cède la présidence de la Fondation au père Gervaise, curé de Saint-Pierre de Montrouge, à la condition que la vocation sociale de la Fondation soit respectée et en 1986 l'abbé Keller décède.

Le Lion de Belfort (SI puis SCI)

Un premier permis de construire est accordé en 1988 puis annulé pour des raisons techniques en 1989, un nouveau permis de construire est accordé en 1990, plusieurs demandes de permis de démolir sont faites la même année, en 1991 une demande de permis de construire modifiant celui de 1990 est déposé, le permis de 1990 est prorogé en 1992, une partie des permis de démolir sont acceptés, d'autres sont refusés (manque des pièces au dossier), la demande de 1991 modifiant celle de 1990 est refusée par la ville de Paris en 1992, une partie de la carrière souterraine du chemin de Port-Mahon et du sol des parcelles correspondantes situées 26, 28 et 30 rue de la Tombe Issoire, ainsi que 15 et 17, villa Saint-Jacques sont classés aux monuments historiques en 1994[2], les locaux sont réquisitionnés sous le contrôle d'Emmaüs pour du logement d'urgence de 1996 à 2000, nouvelles demandes de permis de construire et de démolir en 2000, en 2001 demande de permis de construire modifiant celui de 2000, avis défavorable de la Mairie et avis favorable de la Direction régionale des Affaires culturelles, occupation des locaux par des familles sans logements en 2002, toujours en 2002 le Tribunal de Grande Instance ordonne l’expulsion des occupants, dépôt d'une déclaration d’intention d’aliéner, la ville de Paris ne préempte pas, vente de la parcelle à un promoteur immobilier, la Soferim en 2003.

Soferim

Paris 14e arrondissement - 26 rue de la Tombe-Issoire - Ancienne ferme de Montsouris - façade arrière. Journées du patrimoine 15 et 16 septembre 2012

Il suffirait de recopier le paragraphe précédent en changeant quelques dates pour décrire la période 2003 à 2013[3]. On ajoutera juste que l'abbé Pierre est venu bénir le site, que les occupants sont expulsés par la préfecture de police et que le site est très dégradé après toutes ces années.

Un certain nombre de permis de démolir sont accordés au promoteur puisque sont démolis successivement deux bâtiments de l'ancienne ferme : la maison des vachers en 2011 et l'immeuble sur rue en 2013[4], la porte charretière protégé au Plan Local d’Urbanisme de la Ville de Paris comme étant probablement « la dernière porte charretière d'une qualité et d'un volume équivalent qui subsiste dans l'arrondissement » avait été déposée en 2012 chez un artisan pour pouvoir être réparée et restaurée[5].

Ville de Paris

En 2013 la Ville de Paris décide de racheter une partie du terrain qui abrite la grange (seul vestige de la ferme[6]) et le Pavillon Troubadour côté Villa Saint-Jacques. Le projet d'acquisition a été voté le 4 novembre 2013 à 18 voix contre 12, lors du Conseil d’arrondissement présidé par M. Pascal Cherki, maire du 14ème, puis adopté au Conseil de Paris le 13 novembre[7][8].

Le sous-sol

Galerie de Port-Mahon

Sculpture du fort de Port-Mahon

Comme vu plus haut une partie de la carrière souterraine du chemin de Port-Mahon et du sol des parcelles correspondantes situées 26, 28 et 30 rue de la Tombe Issoire, ainsi que 15 et 17, villa Saint-Jacques sont classés aux monuments historiques en 1994[2]. Les galeries de cette carrière, dans les catacombes, mènent à des sculptures réalisées dans la pierre de 1777 à 1782 dans les Catacombes par un ouvrier carrier, Antoine Décure, sculptures qui représentent le fort de Port Mahon sur l'île de Minorque. En 1998 le Conseil d'État a confirmé ce classement en précisant « que la carrière souterraine de Port-Mahon datant du XIVe siècle est la seule véritablement attestée de cette époque sous Paris et qu'elle présente un panorama complet de l'exploitation de la pierre à la fin du Moyen Age, du fait de son caractère intact »[9].

Aqueduc

Des fouilles archéologiques, réalisées en 1992, ont révélé la présence d’un aqueduc sous ces mêmes parcelles, je ne sais s'il s'agit de l'aqueduc gallo-romain dit aussi de Lutèce ou de l'aqueduc Médicis, mais on est ici en plein dans les eaux d'Arcueil et de Cachan, pour l'Institut National de Recherches Archéologiques (INRAP), sur une source du promoteur[10], « ceci ne présente aucun caractère déterminant pour l'histoire de Paris. Visible dans la ZAC Alésia-Montsouris, cet aqueduc se retrouve à de nombreux endroits dans la capitale, dans la mesure où il aurait servi, par le passé, à alimenter les thermes de Cluny et les nombreuses autres fontaines du Paris gallo-romain ». Toujours suivant la même source l'INRAP a conclu qu’il n’était pas nécessaire de procéder à des fouilles archéologiques complémentaires.

En ce qui concerne la ZAC Alésia-Montsouris ce n'est pas un très bon exemple, des vestiges de l'aqueduc de Lutèce (époque gallo-romaine) et de l'aqueduc Médicis (XVIIe siècle) sont bien trouvés lors des travaux, mais assez peu sont conservés[11].

Autres

L'ancienne cave de la Maison Ficherolles datant du XVIIe siècle serait également sous la ferme[12][13], le promoteur dans sa visite guidée, section la Grange, cite également une « cave voûtée située au sous-sol »[5], en l'état il (m')est impossible de dire s'il s'agit de la même cave.

L'ancien cardo de Lutèce passerait également sur le site[12][13], on est de fait dans l'axe de la rue Saint-Jacques sur l'ancienne voie de Saint-Jacques. La rue de la Tombe Issoire faisait partie du cardo maximus, c'est cette voie qu'on empruntait pour aller à Orléans ou jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Collectif de Port Mahon et de la Ferme Montsouris

Paris 14e arrondissement - 26 rue de la Tombe-Issoire - Ancienne ferme de Montsouris - façade rue. Journées du patrimoine 15 et 16 septembre 2012

Depuis mai 2002 le Collectif de Port Mahon et de la Ferme Montsouris, qui regroupe de nombreuses associations, défend le site de la ferme de Montsouris, du 26 et 28 rue de la Tombe Issoire et du 15 et 17 de la villa Saint-Jacques, les associations membres sont : Abimes, ADES, ADRA (association de Défense de la rue des Artistes), ASEPS (Association pour la Sauvegarde et l'Etude du Patrimoine Souterrain), ASPAG (Association de Sauvegarde du Patrimoine Archéologique et Glyptographique), Association de Voisinage du 26, Association pour la défense de la Villa Saint Jacques, COSIF (Comité Spéléologique d'Ile-de-France), EEGC (Etude et Exploration des Gouffres et Carrières), Fédération Française de Spéléo, Festival Spéléo, GSP CCDF (Groupe Spéléologique et Archéologique du Camping Club De France), L’Ameute, association des anciens scouts de l’Abbé Keller, Montparnasse 2000, Musée de la Mémoire des Murs et d'Archéologie (Musée Serge Ramond), OCRA (Organisation pour la Connaissance et la Restauration d’Au-dessoubs-terre), Paris Historique, PICAR (Institut de Sauvegarde et de Réhabilitation du Patrimoine Industriel des Carrières), Rempart Ile de France, SEADACC, Société Historique et Archéologique du 14e, SOS Paris, Spéléo-Club de Paris, Urbanisme et Démocratie

Voir aussi

Notes et références

  1. L’histoire de l’Abbé Keller et de son action sur le site de la paroisse Saint Dominique
  2. 2,0 et 2,1 « Notice no PA00133020 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. La dernière ferme de Paris, dans le XIVème arrondissement, est au cœur d'un imbroglio immobilier et politique depuis près de douze ans, et auquel le Conseil de Paris tente de mettre fin
  4. Les pelleteuses attaquent la ferme Montsouris Publié le 27.12.2013 Le Parisien
  5. 5,0 et 5,1 Visite guidées sur le site du promoteur
  6. Présentation du site de la Tombe Issoire et de la ferme sur le site du promoteur
  7. La Ferme de Montsouris entre les mains de la Ville de Paris sur le site du promoteur
  8. Communiqué de Pascal Cherki, maire du 14e du 25 octobre 2013
  9. Séance du 25 février 1998 du Conseil d'Etat.
  10. Vos questions, nos réponses sur le site du promoteur
  11. ZAC Alésia-Montsouris sur Paris Historique
  12. 12,0 et 12,1 Célia BLAUEL Conseillère du 14e (08/11/2013)
  13. 13,0 et 13,1 Préservation du site de la " Ferme Montsouris " Réponse du Ministère de la culture et de la communication publiée dans le JO Sénat du 06/11/2002 - page 3378